À l’approche de l’examen du Budget 2026, la French Tech met en garde contre un risque grandissant pour l’écosystème des startups françaises. Après une année 2025 marquée par un tassement du financement et une contraction des effectifs dans ces jeunes entreprises innovantes, les propositions gouvernementales pour 2026 cristallisent les inquiétudes. L’augmentation des seuils d’éligibilité aux aides, la suppression de certains avantages fiscaux et la taxation envisagée sur les holdings patrimoniales sont autant d’éléments qui pourraient freiner l’essor de la technologie et de l’innovation dans l’économie numérique française. Dans un contexte où chaque euro investi compte pour soutenir la croissance et l’emploi, c’est tout l’avenir de l’entrepreneuriat technologique français qui est en jeu.
La French Tech dénonce notamment un climat d’incertitude grandissant pour les startups, confrontées à un durcissement des conditions de financement et à un fléchissement des levées de fonds. Avec une baisse de 35 % des montants levés au premier semestre et un solde négatif en termes d’emplois en septembre, l’écosystème montre des signes préoccupants de ralentissement. Face à cette menace de déclin, les acteurs de la French Tech appellent à une révision des mesures proposées pour assurer la pérennité et le dynamisme des entreprises innovantes françaises, indispensables à la compétitivité nationale à l’échelle mondiale.
Les tensions suscitées par le relèvement du seuil JEI dans le Budget 2026
La modification annoncée de l’article 9 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui porte de 20 % à 25 % la part minimale des dépenses de recherche et développement (R&D) pour bénéficier du statut de jeune entreprise innovante (JEI), cristallise une forte opposition. Ce statut, essentiel pour environ 4500 startups françaises, leur confère des exonérations sociales et fiscales cruciales dans leurs premières années d’existence.
Le relèvement de ce seuil représenterait une rupture brutale dans un environnement où les startups peinent déjà à stabiliser leurs trésoreries. Plusieurs centaines d’entre elles pourraient se trouver exclues du dispositif, avec des conséquences immédiates en termes de restrictions sur les recrutements et, dans le pire des cas, des licenciements. Après un ajustement récent en 2025 qui avait déjà augmenté ce seuil de 15 à 20 %, cette nouvelle hausse ajoute une incertitude difficilement compatible avec l’exigence de planification à long terme propre à l’innovation technologique.
Yann Boulay, responsable des politiques publiques chez France Digitale, souligne l’importance de la visibilité fiscale pour permettre aux startups de planifier efficacement leurs investissements et leurs embauches. Sans un cadre clair et stable, le dynamisme entrepreneurial peut s’essouffler, pénalisant non seulement les acteurs en phase de lancement mais aussi l’ensemble de l’écosystème innovation. Cette situation illustre bien les fragilités que peuvent engendrer des changements réglementaires trop fréquents ou trop brusques.
Le tableau ci-dessous illustre les variations critiques des seuils d’éligibilité au statut JEI et leur impact présumé sur le nombre de startups bénéficiaires :
| Année | Seuil de dépenses R&D (%) | Startups bénéficiaires (approx.) | Impact estimé |
|---|---|---|---|
| 2024 | 15 | 4 500 | Full access |
| 2025 | 20 | 4 300 | Première exclusion de startups innovantes |
| 2026 (projet) | 25 | 3 800 | Exclusion de plusieurs centaines de startups avec risques de gel d’embauche |
Cette instabilité réglementaire nuit à la confiance des investisseurs et aux perspectives de croissance. Il est d’autant plus crucial que le gouvernement prenne en compte les recommandations de la French Tech pour préserver ce levier de soutien fondamental à l’innovation.

La fin de l’avantage fiscal IR-PME pour les FCPI : un frein au financement privé
Un autre axe de préoccupation majeur pour les startups françaises concerne l’expiration programmée de l’avantage fiscal IR-PME à 25 % pour les investissements effectués via les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI). Ce dispositif, qui encourageait les particuliers à soutenir directement les jeunes pousses, devait se terminer au 31 décembre, sans que la loi de finances pour 2026 ne prévoie sa prolongation.
Dans un contexte d’augmentation des taux d’intérêt et de moindre engouement des investisseurs institutionnels, les fonds privés issus de particuliers jouent un rôle d’amortisseur indispensable pour le financement en amorçage et en croissance des startups. La suppression de cette incitation fiscale risquerait d’asphyxier cette source capitale, réduisant la disponibilité des capitaux nécessaires au développement technologique et à l’expansion de l’entrepreneuriat français.
France Digitale appelle ainsi à la prorogation au moins jusqu’en 2028 de ce taux avantageux afin d’assurer une visibilité et une sécurité dans les décisions d’investissement pour les acteurs privés. L’absence de ce dispositif pourrait se traduire par une baisse sensible des levées de fonds, freinant l’émergence de nouvelles innovations dans une économie numérique déjà soumise à de fortes contraintes.
L’économie numérique doit impérativement conserver des mécanismes attractifs pour le financement privé, dont l’importance est renforcée face à la raréfaction des soutiens publics. Les startups, véritables moteurs d’innovation, pourraient perdre un appui majeur si ces mesures ne sont pas révisées en temps utile.
La taxe sur le patrimoine financier des holdings : effet dissuasif sur les prises de risque
Le projet de Budget 2026 inclut également la création d’une taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales, un sujet particulièrement sensible pour la French Tech. Si l’objectif affiché est de mieux taxer les revenus passifs, les acteurs du secteur soulignent un risque d’impact négatif sur l’investissement productif.
Les holdings patrimoniales jouent un rôle crucial dans le montage financier et l’investissement dans l’économie réelle. En taxant ces structures sans distinction, la mesure pourrait décourager les prises de risque et limiter les flux de capitaux vers des projets innovants. Cette situation risque d’affaiblir la capacité des entrepreneurs à mobiliser des ressources pour soutenir leurs ambitions, et donc de ralentir la croissance des startups françaises.
Yann Boulay rappelle que la taxation de ces holdings doit être accompagnée d’exonérations spécifiques afin de ne pas casser la dynamique entrepreneuriale. La prudence reste de mise pour éviter des effets collatéraux non désirés sur un univers économique déjà fragilisé par d’autres mesures budgétaires.
En résumé, la taxation envisagée, sans un cadre ajusté, pourrait devenir un frein plutôt qu’un levier pour l’innovation, ce qui serait regrettable alors que la France cherche à maintenir sa place dans l’économie numérique mondiale.
Les conséquences du resserrement budgétaire de 2025 sur les startups françaises
L’année 2025 a déjà marqué un tournant avec une série de mesures budgétaires qui ont significativement réduit les aides à l’innovation. La suppression de l’avantage « jeune docteur » dans le crédit d’impôt recherche, la baisse du taux du crédit d’impôt innovation à 20 %, ainsi que la diminution de 30 % des crédits de paiement du plan France 2030, ont imposé un environnement financier plus contraignant.
Ces décisions ont eu pour effet de ralentir l’investissement privé et public, provoquant des reports dans le lancement de projets technologiques et une prudence accrue dans le recrutement. L’impact sur l’économie numérique est tangible, avec une dépendance accrue aux décisions publiques et une visibilité encore plus réduite pour les entrepreneurs.
Une liste des principaux effets constatés en 2025 :
- Réduction de la compétitivité des startups françaises sur la scène internationale.
- Gel des embauches dans de nombreuses jeunes entreprises innovantes.
- Report ou abandon de projets de recherche et développement.
- Moindre attractivité pour les talents et investisseurs étrangers.
- Accroissement des tensions sur la trésorerie des startups.
Cette phase de resserrement budgétaire confirme la nécessité de mesures ciblées et stables pour soutenir efficacement le secteur de l’innovation. La French Tech plaide pour un dialogue renforcé avec les institutions afin d’éviter une dilution progressive des avantages qui ont fait la renommée des startups françaises.
Appels et propositions de la French Tech pour sauver l’innovation de rupture en France
Face aux risques de déclin dans le financement et le dynamisme des startups françaises, la French Tech formule plusieurs recommandations précises visant à rétablir un équilibre favorable à l’innovation. Au cœur de ces propositions figure la préservation d’une stabilité fiscale et réglementaire indispensable au développement des jeunes entreprises technologiques.
Les principales demandes incluent :
- Maintien du seuil JEI à 20 % afin de garantir aux startups en phase de décollage l’accès à un soutien essentiel et éviter un filtrage trop sévère d’entreprises innovantes prometteuses.
- Prolongation de l’avantage fiscal IR-PME/FCPI jusqu’en 2028 pour assurer une continuité dans l’attractivité de l’investissement privé particulièrement en période de hausse des taux d’intérêt.
- Réintégration ciblée du dispositif Jeune Docteur dans le crédit d’impôt recherche avec un soutien adapté aux TPE, PME et ETI, facilitant le recrutement de talents hautement qualifiés.
- Réintégration des dépenses liées aux brevets dans le crédit d’impôt recherche pour renforcer la protection des innovations françaises face à la concurrence internationale.
Ces mesures concrètes sont perçues comme des leviers indispensables pour éviter le décrochage annoncé des startups françaises et préserver la pérennité d’un secteur clé de l’économie numérique. Alors que le projet de Budget 2026 sera débattu dans les semaines à venir à l’Assemblée nationale, les enjeux sont majeurs pour le tissu entrepreneurial du pays.
Budget 2026 : La French Tech sonne l’alarme
Impact du Budget 2026 sur les startups françaises : entre défis financiers, ajustements réglementaires et propositions stratégiques 2026-2028 pour soutenir l’écosystème.
Pour comprendre davantage les enjeux et suivre les débats, de nombreux experts et acteurs du secteur invitent à rester mobilisés afin que les décisions finales garantissent un cadre propice à l’innovation et au développement économique.
Pour approfondir ce sujet et son impact sur la French Tech, il est conseillé de consulter les analyses détaillées publiées sur ZDNet, Maddyness ou encore Le Clic Incontournable.
Qu’est-ce que le statut de jeune entreprise innovante (JEI) ?
Le statut JEI est un dispositif fiscal et social qui permet aux jeunes entreprises investissant significativement dans la recherche et développement de bénéficier d’exonérations et d’aides pour faciliter leur croissance.
Pourquoi la French Tech s’oppose-t-elle au relèvement du seuil d’éligibilité JEI ?
Un seuil plus élevé rendra plusieurs startups inéligibles à ce statut, ce qui pourrait entraîner des pertes d’avantages financiers essentiels pour leur développement et par ricochet, des restrictions sur les recrutements et investissements.
Quel est l’impact de la suppression de l’avantage fiscal IR-PME sur les FCPI ?
La fin de cet avantage pourrait freiner les investissements privés, notamment des particuliers, affectant la disponibilité globale des financements pour les startups en phase de lancement et de croissance.
Comment la taxe sur le patrimoine des holdings peut-elle affecter l’innovation ?
Cette taxe pourrait dissuader les investissements via les holdings patrimoniales, qui sont des instruments clés pour financer les projets innovants, réduisant ainsi la prise de risque nécessaire au développement des startups.
Quelles sont les solutions préconisées par la French Tech pour assurer la pérennité des startups ?
La French Tech recommande de stabiliser les seuils JEI, prolonger les avantages fiscaux pour le financement privé, réintégrer le dispositif Jeune Docteur dans le CIR, et protéger les dépenses liées aux brevets dans le crédit d’impôt recherche.
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